Empowerment / Se connaître… et Assumer !
🔴 Hier je vous disais que je ressentais du soulagement à fermer le groupe Facebook. C’est vrai ! Et pourtant je suis heureuse de l’avoir ouvert et de l’avoir fait vivre pendant presque 4 ans. Simplement aujourd’hui j’ai besoin et envie d’autre chose. J’assume de ne plus vouloir être responsable d’un groupe, que ce n’est plus bon pour moi…
😉 Mais ici c’est surtout pour moi l’occasion de vous parler d’un élément très important et utile de ce que je travaille avec ma psy en Thérapie Comportementale et Cognitive, quelque chose de bien plus intéressant que la vie d’un petit groupe Facebook !
🟠 Ce travail sur moi que j’ai fait très régulièrement en psychothérapie ces dernières années, c’est identifier les comportements / activités / relations / limites / croyances / rêves qui avaient été utiles et bénéfiques pour moi à une étape de ma vie et qui ne l’étaient plus dans le présent. S’ils avaient tout leur sens et étaient bons pour moi au départ, ils étaient en effet peu à peu devenus inutiles, puis inadaptées voire très souvent nocifs.
▶️ C’est le cas pour énormément de choses, ça fait partie des étapes Empowerment / Se connaitre et / Assumer. J’en donnerai plein d’exemples au fur et à mesure que j’écrirai dans Couleurs Chroniques. Pour moi c’est essentiel de comprendre tout cela et de changer concrètement pour aller mieux. Avec parfois devoir assumer des décisions difficiles à prendre et très inconfortables sur le moment.
🥰 Mais je le fais pour la personne que je suis devenue aujourd’hui et surtout pour celle que je veux devenir. Je le fais par amour pour la « Muriel du futur », lui offrir des opportunités de se sentir bien. Mais ça veut dire faire le deuil d’un comportement qui a duré des années, sortir de mes habitudes « confortables » mais pas si bonnes que ça. Et j’y mets aussi beaucoup de bienveillance pour la « Muriel du passé », la personne que j’étais quand j’ai mis en place ces comportements / activités / relations / limites / croyances / rêves. Je sais que j’ai fait de mon mieux à l’époque, avec mes connaissances, mes besoins du moment, mes contraintes, mes intuitions… et que ça m’a permis de traverser des période éprouvantes, stressantes ❤️🧡💛💚💙💜
🟡 Et donc pour revenir à l’arrêt du groupe, je sais clairement aujourd’hui que je dois changer de cap vis-à-vis des groupes Facebook – et autres groupes en général. Je voudrais vous expliquer mon cheminement, peut-être vous y reconnaitrez-vous sur certains points…
🟢 Au départ quand on souffre de douleurs chroniques « invisibles », on peut se sentir terriblement isolé et incompris. Incompris par le monde médical qui ne voit pas de cause physiologique à notre souffrance. Incompris par nos proches qui ne peuvent pas comprendre ce qu’on ressent car la douleur ne se voit pas.
🔵 C’est ce que je vivais, et quand j’ai découvert les premiers groupes Facebook de personnes souffrant de douleurs chroniques, ça m’a fait beaucoup de bien au départ. Vraiment ! Enfin des personnes qui vivent la même chose que moi, qui me comprennent, m’offrent leur compassion et leur soutien. Pendant plusieurs semaines / mois ça m’a aidée. Mes besoins de reconnaissance et d’appartenance semblaient enfin satisfaits.
🟣 Mais après ça a commencé à devenir de plus en plus nocif pour moi, à me tirer vers le bas : dans les groupes francophones où j’étais, il y avait énormément de posts de souffrance et de désespoir. Ce n’était pas rassurant pour mon système nerveux devenu très sensible, c’était plus l’inverse : il prenait chaque post pour un signal d’alerte, un rappel de tout ce qui n’allait pas chez moi et une mise en garde de ce qui pourrait m’arriver ! Aujourd’hui je pense que ça me confortait dans le rôle de « victime », de me servir de mes symptômes comme « bouclier » et de les laisser me définir, toujours au premier plan de ma vie et de mes préoccupations.
C’était déprimant et déresponsabilisant. En fait en lisant passivement les posts de ces groupes pendant de longues périodes, je n’allais pas mieux du tout. Si j’avais mis de telles contraintes dans les règles du groupe Couleurs Chroniques (ne pas se plaindre !!!), c’était pour me protéger de ça.
🔴 Ensuite j’ai découvert Curable et son groupe Facebook, qui a des règles très proches de celles que j’ai écrites pour le groupe (j’ai un peu copié 😅). Essayer d’être positif, bienveillant, de partager au maximum son enthousiasme, son courage, ses réussites plutôt que sa souffrance. Il y avait une véritable émulation et un soutien actif, positif. Ça m’a fait vraiment beaucoup de bien et m’a aidée à progresser, en parallèle de travailler sur les exercices de l’application.
🟠 En créant le groupe Facebook Couleurs Chroniques, je voulais recréer ça en français 😊, car le groupe Curable est en anglais et c’était un handicap pour que je puisse communiquer agréablement et efficacement. C’était vraiment dans l’idée de partages d’expériences positives et d’encouragement. Et c’est vrai qu’un certain nombre de personnes ont joué le jeu et écrit des posts de ce type. Mais pas assez à mon avis pour créer l’esprit de groupe dont je rêvais… Par contre j’ai un nouveau projet de partage de témoignages dont je vous parlerai… demain !
🟡 J’ai aussi essayé de mettre en place des groupes de parole Couleurs Chroniques, tous les 15 jours environ. Au départ dans un salon Facebook de visioconférence puis sur Google Meet. Ma conclusion après plusieurs années d’essai, c’est qu’animer un groupe de parole ce n’est vraiment pas mon truc. J’assume ! Et ça m’a fait prendre conscience à quel point les groupes en général ce n’était pas ce qu’il me fallait.
🟢 C’est trop épuisant pour moi. Je suis une introvertie, les groupes me fatiguent très vite et je n’y trouve que trop rarement les discussions profondes que je recherche. Au cours de ces quatre années, j’ai trouvé beaucoup plus enrichissantes les conversations en 1 à 1 que j’ai eu avec pas mal de personnes du groupe Facebook plutôt que dans les groupes de parole à plusieurs.
🔵 Et là je vous invite à lire ces articles sur les personnes introverties (et non, ce ne sont pas des personnes renfermées et timides !) : je m’y reconnais très bien ! Avoir besoin de se recharger dans la solitude et le calme, préférer les discussions riches et profondes en tête à tête aux échanges superficiels, être vite épuisé par les groupes, avoir un monde intérieur riche, prendre le temps d’analyser et de réfléchir avant de parler et d’agir…
Introverti : caractéristiques et qualités (studysmarter.fr)
Introverti : comprendre les personnes atteintes d’introversion (passeportsante.net)
https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-psycho-psychiatrie/2735575-introverti-definition-signes-qualite-ou-defaut/
🟣 Pour les groupes de paroles, je me suis rendue compte que je ne suis ni compétente, ni douée pour ça. Le côté social, la modération, l’animation, je ne sais pas faire ! Un de mes gros problèmes, c’est que je suis « non confrontationnelle », comme dit ma psy : c’est très difficile pour moi de modérer, d’arrêter une personne qui accapare toute l’attention ou raconte des choses qui ne sont pas alignées avec les valeurs du groupe.
😘 Pour finir, si j’ai écrit tout ça, c’est que je suis convaincue que tout le monde a besoin à un moment ou un autre de prendre du recul sur sa vie et son quotidien, et de faire une sorte de « mise à jour » en se demandant : « quels comportements / activités / relations / limites / croyances / rêves ont été utiles et bénéfiques pour moi à une étape de ma vie mais ne le sont plus du tout aujourd’hui ? »
Illustration Cally Johnson-Isaacs