Comment je veux « tuer » mon attrait pour Facebook
Attention, il s’agit juste de ce dont j’ai besoin en ce moment. Je ne suis absolument pas en train de dire que vous devriez tous faire pareil ! C’est très personnel, ça correspond à ce qui est bon pour moi dans la période actuelle de ma vie, avec mes contraintes, mes besoins, mes limites, mes projets d’aujourd’hui.
Il y a eu d’autres périodes où le fonctionnement de Facebook m’allait très bien. Quand j’allais vraiment mal, Facebook m’a permis de me changer les idées agréablement, de sortir de l’isolement et de retrouver un semblant de vie sociale. Et surtout quand j’ai découvert Curable il y a 4 ans, le groupe privé Facebook associé à cette application a été une source d’espoir, d’encouragement et d’inspiration formidable pour moi : ça m’a vraiment aidé à aller mieux et à faire d’énormes progrès que je ne regrette évidemment pas !
C’est sur le plan physique que j’ai progressé en premier : j’ai surmonté ma kinésiophobie et retrouvé une liberté de mouvement et d’activités géniale. Mon mal de tête n’a pas disparu mais les douleurs supplémentaires quand je tournais la tête, la baissais ou faisais des activités comme du cardio ou du VTT ont, elles, bel et bien disparu. Je n’ai plus peur de mes céphalées, ni de les aggraver par une activité physique !
Mon principal problème aujourd’hui, c’est la fatigue chronique et le brouillard mental, la difficulté à me concentrer et à avoir l’esprit clair. Ecrire fait partie de ma thérapie, c’est mon exercice quotidien pour stimuler mon cerveau, l’entrainer à travailler, à se concentrer. C’est ma gym mentale ! Ce qui me motive le plus, c’est la peur de perdre mes capacités cognitives, de ne plus pouvoir être capable de réfléchir, de prendre des décisions, d’apprendre. Je connais trop bien cette sensation quand même une décision simple de l’intendance du quotidien devient si lourde, si difficile que je reste bloquée…
Il y a quelques jours, je voulais travailler sur la page du blog de décembre que j’ai publiée hier, et il fallait que j’ouvre Facebook pour cela. Je savais pourquoi j’ouvrais cette application, ça faisait partie de ma gym mentale du jour. Je voulais travailler, produire quelque chose. Mais là… trou noir… et je me retrouve une demi-heure après à lire un article sur un bar à Dubaï qui sert des glaçons en vraie glace d’Iceberg du pôle, vieux de 10000 ans ! Une aberration écologique qui me révoltait…
Et j’avais complètement oublié Couleurs Chroniques et ce que je voulais faire en ouvrant Facebook. Y revenir m’a demandé un effort difficile. Je me sentais vidée, perdue, incapable de me souvenir de ce que j’avais vu et lu pendant les 30 dernières minutes. Et ma capacité de concentration avait beaucoup diminué. C’est un peu flippant quand même 
Et là je me suis dit que ce n’était plus possible que je subisse ça, que je devais faire quelque chose. Ce n’est pas bon pour moi de me faire voler ma capacité d’attention comme ça… J’ai déjà désinstallé Facebook de mon téléphone portable depuis des semaines, mais même sur ordinateur ça ne va plus. Il fallait que je trouve comment « tuer » ce qui me fait me perdre ainsi dans Facebook.
Alors je me suis désabonnée de TOUT, absolument tout. Je ne suis plus aucune page, aucun ami, aucun groupe. J’avais une soixante d’abonnements, je n’en revenais pas. J’ai tout arrêté. Même des pages de qualité. Même mes amis. Même ma famille. Evidemment ça ne peut pas se faire d’un clic, ça m’a pris du temps car il a fallu les enlever un par un. Facebook ne facilite pas la tâche pour ça, il y a même pas mal de bugs avec des désabonnements que j’ai dû refaire plusieurs fois avant que ça marche !
Maintenant quand j’ouvre Facebook, il n’y a plus que des pubs dans le fil. Mais même là il faut que je reste vigilante. Souvent ce n’est pas très intéressant, mais parfois ça reste tentant. Je m’entraine à ouvrir l’application en conscience, détendue et concentrée sur ma respiration puis sur ce que je viens faire : regarder mes messages et aller sur la page ou le groupe Couleurs Chroniques, que j’ai mis dans mes raccourcis en bas à gauche.
Et surtout, surtout, ne PAS cliquer sur le premier post du fil central et ne pas le faire défiler. Facebook est sournois, il sait comment m’appâter… Un exemple avec la copie d’écran que j’ai faite hier : un joli minois de chiot avec un acteur beau gosse qui déclare qu’il ne peut plus vivre sans les animaux qu’il a adoptés. En ce moment c’est clairement un truc qui pourrait me faire dire : oh c’est tentant, je vais lire ça et après je me mets au travail. Mais je me connais, je sais trop bien que non, je ne m’y remettrai pas…pas avant 20 -30 minutes voire plus. Je vais me perdre dans le fil et j’aurai perdu mon match du jour contre Facebook 
C’est une période probatoire qui commence pour mon usage de Facebook. Je me donne quelques mois pour voir si finalement les bénéfices l’emportent sur les contraintes et les effets nocifs potentiels. Surtout si j’arrive à tenir bon mon abstinence de faire défiler le fil !
Je n’aurais plus de nouvelles de mes amis et de ma famille via leurs posts Facebook. Mais est-ce si grave ? N’est ce pas mieux de prendre des nouvelles directement, de « reach out » comme on dit en anglais, pour dire : je pense à toi, comment vas-tu ? Prendre vraiment des nouvelles plutôt que de croire que ce qu’une personne publie sur Facebook représente sa vraie vie et ses problèmes / joies ?